MPME : La question d’une norme commune, définition et catégorisation

MPME : La question d’une norme commune, définition et catégorisation _ FinUp

Les MPME : colonne vertébrale des économies 

Dans la plupart des pays en développement, les Micro, Petites et Moyennes Entreprises (MPME) représentent plus de 90 % du tissu entrepreneurial. Elles créent la majorité des emplois et stimulent l’innovation. Pourtant, définir clairement ce qu’est une micro, une petite ou une moyenne entreprise n’est pas si simple : les critères changent d’un pays à l’autre, voire d’une institution à l’autre. 

Comment définit-on une MPME ? 

Trois critères principaux sont généralement utilisés : 

  1. Le nombre d’employés : un indicateur simple et facilement vérifiable. 
  2. Le chiffre d’affaires annuel : permet de mesurer l’échelle des activités. 
  3. Le niveau d’actifs : reflète la solidité financière et la capacité d’investissement. 

Selon la Banque mondiale, une microentreprise emploie moins de 10 personnes, une petite entre 10 et 50, et une moyenne entre 50 et 300. En Union Européenne, une micro a moins de 10 employés et un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions d’euros, une petite moins de 50 employés et moins de 10 millions d’euros, et une moyenne moins de 250 employés avec un maximum de 50 millions d’euros. 

Chaque institution adapte ainsi la catégorisation à sa réalité économique. 

Le cas particulier d’Haïti 

En Haïti, l’importance des MPME est incontestable : ce secteur est estimé à 660 000 entreprises formelles et informelles, employant 1,122 millions de personnes selon le rapport FinScope-MPME HAITI 2023 publié par la BRH et le MEF. Un élément marquant est qu’elles contribuent à hauteur de 485 milliards de gourde au PIB. 

 Cependant, il n’existe pas toujours une catégorisation harmonisée à l’échelle nationale. Les institutions publiques, les banques et les bailleurs de fonds internationaux utilisent parfois des critères différents, ce qui peut compliquer l’accès au financement et la mise en oeuvre de politiques de soutien adaptées. 

Par exemple, une microentreprise en Haïti peut être définie par certaines institutions comme ayant 1 à 5 employés réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 0.5 millions de gourdes, alors que d’autres fixent la limite à 10 employés. Tandis que selon l’enquête Finscope MPME, Haïti 2023 : 

  • Une microentreprise est une entreprise formelle ou informelle qui emploie aux plus 5 personnes et que son chiffre d’affaires annuel n’excède pas 2.5 millions de gourdes. 
  • La petite entreprise est une entreprise formelle ou informelle qui emploie entre 5 à 20 personnes et que son chiffre d’affaires ou son bilan, tout en étant supérieur à 2,5 millions de gourdes, n’excède pas 20 millions de gourdes ; 
  • La moyenne entreprise est une entreprise formelle qui emploie entre 20 à 100 personnes et son chiffre d’affaires n’excède pas 50 millions de gourdes. 

Ces divergences montrent le besoin d’un langage commun. 

Vers une norme commune ? 

L’absence d’une norme universelle crée des défis : 

  • Difficile de comparer les performances des MPME entre pays. 
  • Complexité dans l’accès aux financements internationaux, car chaque bailleur applique ses propres critères. 
  • Risque de mauvaise allocation des ressources publiques si la catégorisation ne reflète pas la réalité locale. 

Pourtant, établir une norme unique mondiale n’est pas forcément réaliste : une “moyenne entreprise” en Europe n’a rien à voir avec une “moyenne entreprise” en Haïti ou en Afrique. 

La piste la plus pertinente serait donc une harmonisation régionale, adaptée au contexte économique local, tout en gardant des points de référence communs pour faciliter le développement et l’optimisation de ce secteur. 

Conclusion : une catégorisation adaptée et cohérente 

Les MPME jouent un rôle vital dans la croissance, l’emploi et l’innovation. Mais pour les soutenir efficacement, il est essentiel de disposer d’une définition claire et partagée qui reflète la réalité économique locale tout en s’inscrivant dans un cadre de référence reconnu. 

En somme, ce n’est pas seulement une question de chiffres, mais un enjeu de visibilité, d’équité et de compétitivité. Une meilleure harmonisation renforcerait la crédibilité des politiques publiques et donnerait plus de poids aux entrepreneurs haïtiens sur la scène régionale et internationale. 

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